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Entrepreneuriat : Comment faire pendant les crises ?

Entrepreneuriat : Comment faire pendant les crises ?

Notre entreprise, nous, notre environnement connaissent parfois des crises qui s’apparentent au chaos. Comment faire pour garder un cap, son cap, quand tout va mal ? L’actualité de ces dernières années n’est pas des plus apaisantes pour voir l’avenir en toute sérénité. Covid, guerre, urgence climatique, crise de confiance envers nos dirigeants… Notre société est en pleine mutation. Nous nous rendons compte que notre modèle a ses limites dans une société où l’on prône l’illimité de notre toute puissance. Ainsi de nouveaux « rêves » prennent de l’ampleur, notamment le transhumanisme : la science et la technique pour réaliser ce fantasme de l’immortalité, du toujours plus.

Et si l’être humain, en cherchant à s’extraire des lois naturelles du vivant, créait son propre chaos ? Et si retrouver l’harmonie en soi était le point de départ pour l’harmonie du monde ? Et si les crises venaient nous proposer de remettre du sens à nos actions et choix de vie ? Comment faire quand le chaos extérieur induit un chaos intérieur ou, inversement quand un chaos intérieur provoque un chamboulement de nos vies ? 

D'où vient le bonheur ?

Quand ressentez-vous la félicité ? Le bonheur ? Le contentement ? Je parle ici d’un sentiment profond et durable… D’une sensation de paix intérieure mêlée à une joie profonde et un calme du corps et du mental. Cette sensation qui laisse notre corps détendu où nous apprécions la simple présence à notre vie telle qu’elle est. Notre bonheur vient-il de cet espace de paix ou de la dernière paire de chaussure que nous nous sommes achetée ? Laquelle est plus durable ? Plus consistante ?

Nos chaussures, nos réussites, nos objectifs atteints ne sont pas à bannir. Ils font intégralement partie de notre condition d’être humain et des plaisirs du quotidien. Pourquoi s’en priver ? La question serait plutôt, selon moi, quelle place leurs donner ? Comment faire de nos plaisirs matériels un second plan face à l’enjeu majeur de vivre sa vie pleinement de façon féconde ? Je ne crois pas au mythe du bonheur absolu vendu dans les médias ou les publicités. Je pense néanmoins qu’il existe une sorte de sagesse humaine à choisir de vivre une vie remplie de sens, d’amour, de poésie, de sensibilité au vivant qui lui donne plus de profondeur. Si nous nous tournons vers des choix qui mettent notre âme en joie, en Amour, nous nous donnons une chance de remplir notre réservoir intérieur de beauté et non de frustration, de colère, de dépendance ou d’addiction. Ainsi, gorgés d’une joie souveraine d’être soi-même et de faire des choix de vie qui nous respectent, nous abordons les crises et les difficultés avec un autre regard.

Le bonheur ne s’achète pas, il se construit. « Le bonheur est un choix » nous dit la célèbre sage indienne Amma. Celui de se hisser vers la lumière plutôt que de maudire l’obscurité. Avez-vous essayé ? Je veux dire vraiment ?Quitter vos certitudes, ce monde qui vous rassure mais qui vous désengage de vos vraies valeurs ? Quitter votre « statut » de victime pour construire votre vie selon vos aspirations ? 

Du chaos intérieur à l'harmonie extérieure

C’est bien beau tout ça mais ce n’est pas si simple ! Non, suivre son propre chemin n’est pas simple. Cela demande même beaucoup de courage ! Celui de s’écouter, de regarder ses blessures, ses mauvais choix. Le courage d’oser dire des mots ou poser des actes sincères et alignés avec qui l’on est. Le courage de s’affirmer face à nos proches, de porter une voie différente parfois. La question est : voulez-vous marcher vers vous-même ou jouer un rôle dans votre vie ?

Certes, quand nous commençons à ouvrir cette boite de pandore, nous pouvons ressentir un malaise, une envie profonde revenir en arrière, dans nos illusions confortables. S’assurer que tout va bien et que nous sommes heureux.se car nous avons « tout ce que tout le monde rêve d’avoir » ou  » tout ce que nos parents pensaient être bon pour nous »…  est une construction du mental collée sur la réalité. Ce fonctionnement peut marcher. Il peut même marcher toute une vie et vous apporter un sentiment de réalisation et de sécurité. Pourquoi pas finalement ?

Parfois, notre âme est secrètement éprise de liberté. De quelque chose de plus grand, de plus vivant, de plus vibrant. Parfois la vie nous invite à vivre ce chemin de sincérité envers soi-même par le biais des crises. Elle nous pousse à sortir de notre zone de confort, de nos habitudes pour nous adapter à de nouvelles situations. Parfois, ce changement est plutôt agréablement challengeant, parfois beaucoup moins. Il vient nous toucher dans nos zones de fragilités et peut réveiller en nous des démons que nous aimerions ne jamais connaître : peur, colère, haine, détresse, dépression, amertume …  Alors comment faire quand la crise pointe le bout de son nez ?

Revenir au corps

En période de crise, nous ne pouvons pas maitriser notre réalité intérieure ou extérieure. C’est bien souvent cela qui nous bouscule. C’est aussi tout l’enjeu : ne pas maitriser ! Se laisser traverser par ce mouvement de vie pour accepter cette mutation. La crise nous conduit d’un point A à un point B. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Revenir au corps me semble être le conseil le plus sage et le plus judicieux possible. Nous y trouverons peut-être de l’inconfort, des douleurs et des tensions. L’enjeu est alors de prendre soin de soi, de remettre de la douceur et du mouvement dans ces zones de crispations.

Le mental refuse ce changement et le corps coopère. Il réduit ses fonctions vitales et tend ses muscles pour faire face à ce défi. Le cortisol généré par le stress prépare notre corps à une attaque. Mais quelle attaque ? Une attaque contre vous-même et vos émotions ? Une attaque contre la vie, l’autre, qui ne répond pas à vos attentes ? Et si, une autre réponse était possible ? Dans l’accueil de ce qui est, une autre voie est possible. Une action plus qu’une réaction. Un élan de vie vers ce qui fait sens pour vous plutôt qu’une résistance au changement. En prenant soin de votre corps, de vos muscles, de votre alimentation, de votre souffle, de vos mouvements … Vous offrez à votre organisme la possibilité d’être dans une résilience organique qui supportera votre état psychique. Le cortisol est une super hormone ! Elle a une force incroyable car elle sert à nous sortir d’une zone de danger. Elle a un rôle indéniablement essentiel mais quand elle s’éternise, elle peut altérer notre discernement et nous faire basculer dans une forme d’agressivité ou de dépression / passivité. En venant prendre soin de votre corps, vous lui laissez une chance de contacter des hormones plus douces pour soutenir votre cheminement, vos pensées, votre état émotionnel. En temps de crise, je peux vous assurer que c’est précieux !

Comprendre ses besoins, comprendre son âme

Quand l’attention a été ramenée au corps. Quand le souffle a trouvé un nouveau rythme. Quand l’inconfort a été accepté et que cette acceptation a laissé un peu de place pour l’observation intérieure, alors, dans un moment de calme posez vous ces questions : Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ? Notez les réponses // Quelles sont les émotions qui me traversent ? Notez les réponses // Quels sont mes besoins derrière mes émotions ? Notez les réponses.

Comprendre vos besoins derrière vos émotions est primordiale. Ensuite, il s’agira de trouver la façon de répondre à vos besoins qui soit la plus saine pour vous et votre entourage.

Vous pourrez télécharger une fiche récapitulative des besoins fondamentaux ici. Offert par laforetquipousse.com.

Se comprendre et se connaitre est parfois le travail de toute une vie. Cela dépend du nombre de couches et de masques nous avons rajouté sur notre personnalité naturelle. Tous les « il faut », « je dois » que nous avons intégré, bon gré mal gré, car nous pensions que c’était la seule façon possible ou valable d’être au monde.Mais ce chemin est celui qui vous conduira découvrir votre vraie nature. Celle qui peut vous rendre heureux.se, sensible, altruiste, courageux.se, sage, patient.e, inspiré.e, intègre …  En vous connaissant et en respectant vos valeurs et vos besoins, vous construirez une vie qui a du sens pour vous et vous attirerez à vous les bonnes personnes.

Après la crise, en faisant des choix éclairés, vous reconstruirez une harmonie extérieure. Un équilibre peut-être plus en adéquation avec qui vous êtes et ce qui fait profondément vibrer votre cœur et votre corps. 

Quand le monde va mal ...

Parfois, notre vie personnelle est harmonieuse mais le monde va mal. Crise économique,  maladies, catastrophes naturelles, guerre … Nous sommes soumis aux aléas de notre société. Comment faire face aux grands enjeux collectifs sans tomber dans le repli sur soi ? Il y a une image que reprend souvent Mata Amritanandamayi (Amma) : un immeuble est entrain de prendre feu au 1er étage et les habitants du dernier étage disent :  » Tout va bien, l’incendie ne nous regarde pas, il est au 1er étage ».

Nous sommes ainsi de nos jours. Nous pensons que notre bonheur est séparé du bonheur collectif. Nous pensons que nous pouvons vivre comme des îles isolées sans nous soucier du bien-être d’autrui ou de la nature. La solidarité est un principe fondateur du vivre ensemble. Si je ne prends pas en compte les besoins d’autrui, un jour, ce dernier va venir me voir pour me demander des comptes. N’est-ce pas finalement ce que la Nature fait ou fera ? Nous avons oublié la notion d’interdépendance qui unit les êtres ensemble. Ton bonheur est mon bonheur et inversement. Aucune famille, aucune entreprise, aucune société, aucun système ne peut fonctionner sans cette loi de l’altruismeC’est en partageant nos efforts pour être heureux individuellement et collectivement que nous arriverons a tisser les liens d’une société pérenne et joyeuse.

Alors quand les affaires du collectifs viennent frapper notre quiétude personnelle, pourquoi ne pas retrousser nos manches et participer à la reconstruction d’une société plus saine plutôt que de chercher un coupable pour passer nos nerfs ? Cherchons plutôt à comprendre les mécanismes mortifères de nos sociétés (l’avidité, la colère, la jalousie, la compétition par exemple) et à la déloger d’abord en nous pour servir le monde avec Amour.

Entreprendre dans le chaos, comment faire en temps de crise ?

Quand nous sommes entrepreneur.e.s, nous tenons les rênes de notre chemin professionnel. Ce sont nos propres décisions qui peuvent créer notre réussite et notre déclin. Parfois, la vie professionnelle de salariés en dépend. Il y a une phrase du Dalaï Lama qui m’a toujours inspirée :

« S’il y a une solution, pourquoi s’inquiéter ?
S’il n’y en a pas, s’inquiéter ne changera rien ».

Elle est si juste et si difficile à incarner ! Je crois que nous pilotons nos entreprises de la même façon que nos vies personnelles, avec plus ou moins de dogmes qui nous correspondent. Au-delà d’avoir un salaire à la fin du mois, quel enjeu existe-t-il derrière notre entreprise ? Je crois qu’il est essentiel de se poser régulièrement cette question. Nos motivations évoluent en fonction de nos expériences de vie, du temps qui passe.

Les crises viennent révéler nos faiblesses mais aussi nos forces pourvu que nous réussissions à nous connecter à elles.

Quand notre entreprise est menacée par la crise et que nous éprouvons un fort stress, nous pouvons élaborer tout un tas de scénarios catastrophes. Et si nous mettions le focus sur des questions de fond :

  • Qu’est-ce qui me fait vibrer aujourd’hui ?
  • Est-ce que mon entreprise correspond à mes valeurs ?
  • Quelle vision d’avenir j’aimerais pour moi et mon entreprise?
  • Comment je peux dès maintenant poser un acte concret vers ce nouvel élan en prenant compte du contexte qui est le mien ?

Nous nous mettons souvent des bâtons dans les roues avec nos propres limites. Nous espérions peut-être que la vie  suive son cours selon les plans que nous nous étions fixés… Et si ce bousculement était une chance de revenir en soi pour se poser les bonnes questions et faire des choix professionnels engageants et innovants ? Nous avons deux possibilités face aux crises : refuser ou accepter.

Accepter ce qui nous traverse, ce qui est, ce que nous définissons comme un échec, ce qui nous bouleverse. Accepter pour aimer la vie. Puis pour reconstruire à partir d’un terrain vierge où il n’y a aucune trace de colère, de regrets ou d’amertume. Un enfant tombe des dizaines de fois avant de savoir marcher. Il recommence avec le même entrain. Parfois il pleure, il se fait mal. Il accepte de recevoir de l’aide. Il sait que c’est dans l’amour qu’il trouvera le meilleur moyen de réessayer encore et encore vers sa propre réussite et son autonomie. Je vous souhaite un merveilleux chemin vers vous-mêmes à travers vos choix de vie et notamment d’entrepreneuriat !

Mathilde

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